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LE TELEGRAMME
Ports de plaisance. Il manque 41.770 places en France
25 mai 2011 - 1 réaction(s)
Dans une enquête dévoilée aujourd’hui, la Fédération française des ports de plaisance mesure le poids économique du secteur et estime à 41.770 le nombre de places manquantes en France. Le point avec son vice-président, le Brestois Gilbert LeCorre.
Pourquoi avoir commandé une telle étude?
Au dernier salon nautique de Paris, les journalistes nous avaient reproché le manque de chiffres fiables sur la plaisance. Nous avons donc lancé une grande enquête auprès de nos adhérents (1). Cette étude est une base de travail, un point de départ. Nous savons maintenant que l’activité économique des ports en France génère 900millions d’euros de chiffre d’affaires.
Les ports de plaisance représentent 2.283 emplois directs et génèrent 20.130 emplois indirects. Comment faire pour booster encore ce secteur-là ?
En offrant des places supplémentaires. On estime qu’il y a un emploi indirect pour dix places de port. Nous allons poursuivre le développement du programme Odyssea afin d’élargir les liens économiques entre les ports et leur environnement régional. En France, on pourrait ainsi créer près de 9.000 emplois.
La Bretagne, l’une des régions ayant créé le plus de nouvelles places ces dernières années, déclare avoir un potentiel de gain de places. On parle de 750 unités dans les deux ans…
Effectivement, c’est le cas avec les nouveaux ports comme celui de Roscoff qui est en construction. Il y a aussi d’autres projets d’agrandissement de ports existants, dans le Morbihan et dans les autres départements. Il y a enfin des projets au Guilvinec, à Concarneau.
Si les bateaux font escale en Bretagne, on constate aussi qu’ils y restent peu de temps avec seulement 9% des nuitées (contre 61% en PACA): les ports bretons ne seraient-ils pas assez attrayants?
Pas du tout même s’il est exact que la différence entre la région PACA et la Bretagne est énorme. Cela s’explique aussi par le fait qu’on navigue beaucoup plus en Bretagne qu’en Méditerranée. Cela dit, nous avons un problème à ce niveau-là . A nous de corriger le tir en mettant en place des actions plus touristiques à partir du port de plaisance. C’est toute l’action du programme Odyssea.
Votre étude fait ressortir le chiffre de 41.770 demandes individuelles de places. On est bien loin des «60.000 à 70.000 places manquantes» et réclamées par l’industrie nautique….
41.770, c’est le chiffre qui ressort de notre étude. On a déduit les 15% des demandes qui concernent un autre emplacement que celui déjà attribué. On a également ôté les 10% des demandes multiples ou des demandes «sans bateau». Si on extrapole, on arrive à 50.000 – 55.000 demandes mais on est effectivement loin des 70.000 places réclamées par la fédération des industries nautiques.
Les listes d’attente montrent une demande très forte (43,2% en Bretagne) pour les bateaux de moins de 15m, avec engorgement important entre 8 et 12m. Plus le bateau est grand, moins l’attente est longue. Faut-il modifier la structure des ports pour répondre à ce constat?
C’est tout l’enjeu des années à venir. Tous les gestionnaires de ports vont être obligés de prendre en compte une modification de leur plan d’eau pour répondre à cette demande. Ça, c’est très clair.
(1) La FFPP compte 301 adhérents, à flot ou à sec, soit 80% des places de ports. La France compte 370 ports, dont 75 en Bretagne.
- Propos recueillis par Philippe Eliès
A l’occasion de la réunion du CODCAP qui a eu lieu lors du Salon Nautique de Paris 2007 (voir notre post ici), ODIT France publiait son étude sur « Le Financement des Ports de Plaisance: Indicateurs, impacts économiques et possibilités de montages financiers« .

Cette étude est la cinquième d’un cycle sur la thématique des ports de plaisances:
- La conduite de projets de développement de ports de plaisance : Requalification, extension, création
ODIT France – Décembre 2005
- Ports à sec et parcs à bateaux : Eléments pour le développement de projets
ODIT France – Décembre 2004
- Etude stratégique sur l’adaptation des capacités d’accueil et la gestion des places dans les ports de plaisance maritimes en France métropolitaine
ODIT France – Septembre 2003
- La valorisation touristique des ports de plaisance
ODIT France – Décembre 2002
Christine Bouyer et son équipe nous gratifient une nouvelle fois d’un travail d’une qualité remarquable. Cette étude met en lumière les spécificités françaises quand au financement de ses ports : alors que nos voisins européens financent la construction (c’est à dire l’investissement) et les charges de fonctionnement en totalité par la location des places de bateau, nos ports eux on vu jusqu’à aujourd’hui leur investissements financés par l’Etat (ou les collectivités), les charges de fonctionnement étant couvertes par les revenus de location de places. C’est ainsi que les tarifs en France sont 2 à 3 fois moins élevés qu’ailleurs. Il y a fort à parier que les tarifs des ports de plaisance français vont tendre à se rapprocher inexorablement de leur tarif d’équilibre économique, compte tenu des réinvestissements (ou nouveaux investissements) à faire, sans l’Etat cette fois ci.
Ce n’est plus un secret, il manque des places dans les ports français. Par voie de conséquences, c’est toute l’industrie nautique qui souffre de cette situation et qui pourtant est un secteur économique à part entière, créateur de richesses et d’emplois. Dominique Perben, alors Ministre des Transports, de l’équipement, du tourisme et de la mer (gouvernement Dominique de Villepin) l’avait d’ailleurs bien noté dans son discours au Salon Nautique de Cannes en septembre 2006 (voir notre post ici), d’où la publication du rapport Gauthier (voir notre post ici) lors du salon Nautique de Paris en décembre 2006.
Ce thème est largement repris ce matin dans les colonnes du journal les Echos par Christiane Navas. Nous souhaitons cependant corriger une erreur dans cet article. Il est avancé que 50% des bateaux en France sont immatriculés en PACA d’après Nick Johansen, le président du comité de pilotage du pôle nautique de la FIN. Or d’après les chiffres en notre possession, même si la région PACA dispose du plus important nombre de bateaux immatriculés, cela ne représente fort heureusement que 26% du parc français. Les chiffres ci-dessous nous ont été communiqués par la Fédération Française des Ports de Plaisance :
| immatriculations au 31/08/06 |
nombre |
% |
| Nord / Pas de Calais / Picardie |
25913 |
3,00% |
| Haute Normandie |
41834 |
4,85% |
| Basse Normandie |
49235 |
5,70% |
| Bretagne |
197933 |
22,93% |
| Pays de Loire |
75862 |
8,79% |
| Poitou Charentes |
49225 |
5,70% |
| Aquitaine |
67633 |
7,83% |
| Languedoc / Roussillon |
94392 |
10,93% |
| Provence / Alpes / Côte d’Azur |
221258 |
25,63% |
| Corse |
40065 |
4,64% |
| Total |
863350 |
100,00% |

Ceci soulève d’ailleurs le point sur la problématique des immatriculations de bateaux : sur les 863350 bateaux immatriculés au 31/08/2006 nombreux sont ceux qui ne sont plus que des épaves ou sont tout simplement détruits. Ce sujet fera l’objet d’un post ultérieurement.
En attendant, vous pouvez prendre connaissance de l’article ci-dessous
