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Sail and Clean Project : aperçu de la première partie du voyage

Sail and Clean Project : aperçu de la première partie du voyage

Sail & Clean
Souvenez-vous : l’été dernier, Julien Poublan – plaisancier Port Adhoc – se préparait pour un tour de l’Atlantique bien particulier. À bord de Désirade, son Sun Odyssey 36i, il souhaitait mener des actions de sensibilisation à la préservation de l’environnement, et récolter des données environnementales pour aider certaines études scientifiques. Aujourd’hui, où en est son projet ?
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Date de publication : 23/01/2026

Sail and Clean Project : un tour de l’Atlantique pour la protection de l’environnement

Le Sail and Clean Project est une initiative qui a pour but de sensibiliser à la protection des océans et de lutter contre la pollution plastique – en mer et à terre. Julien Poublan, propriétaire d’un Sun Odyssey 36i amarré à Port Médoc, au sein du réseau Port Adhoc, est le porteur du projet : 

Le plaisancier a choisi de se lancer dans un tour de l’Atlantique à la voile pour collecter des déchets, réaliser des opérations de nettoyage, effectuer des relevés scientifiques destinés à mieux comprendre et préserver les écosystèmes marins, mais aussi aller à la rencontre de la population locale pour la sensibiliser. 

Le voilier Désirade et son propriétaire

Après plusieurs mois de montage et de préparation, le Sail and Clean Project a officiellement commencé fin août 2025. Depuis, les équipes Port Adhoc suivent assidûment les aventures de Julien… Selon lui, comment s’est passé la première moitié du voyage ? 

De septembre à décembre 2025 : le voyage et les navigations

« Depuis mon départ de France, à la fin de l’été 2025, j’ai navigué plus de 5000 milles nautiques. Désirade nous a menés – moi et les équipiers qui ont souhaité m’accompagner sur le trajet – jusqu’à La Barbade. Sur la route pour les Caraïbes, nous avons eu la chance de réaliser de très belles escales, en Espagne, au Portugal, à Madère, aux Canaries, au Sénégal et au Cap-Vert. » 

Jusqu’à présent, 25 personnes ont rejoint le navigateur sur le voilier, pour participer à une ou plusieurs traversées en zone côtière ou hauturière : 

« J’ai eu la chance de partager toutes mes navigations avec des hommes, des femmes, des familles… qui ont embarqué sur le voilier pour vivre l’aventure avec moi. Chacun s’est investi, à son niveau, aux missions de nettoyage et de protection de l’océan, comme à celles – en escale – de sensibilisation à la préservation de l’environnement. Avec le marquage du voilier, c’est assez facile de créer le contact avec les plaisanciers qui mouillent autour de nous sur leur propre bateau, mais aussi avec la population locale ! » 

Le trajet réalisé par Julien Poublan à bord de Désirade – de Port Médoc (Verdon-sur-Mer) à La Barbade. 

Les opérations de ramassage sur les différents lieux d’escales

Sur les plages et les côtes qu’il a visitées, Julien a rencontré énormément de plastiques à usage unique et de déchets liés à la pêche. 

« C’est incroyable : pour certains, l’océan est vraiment une poubelle ! Plusieurs fois par semaine, lorsqu’on ne navigue pas, on débarque dans les lieux d’escale avec plusieurs sacs à courses, pour une session de ramassage des déchets. On constate que les déchets sont partout – seules les plages visitées par les touristes dans des destinations très plébiscitées sont régulièrement nettoyées ». 

Aperçu de collectes réalisées dans le cadre du Sail and Clean Project 

« Nous avons fait plusieurs grosses collectes, par exemple à Porto où nous étions plus de 20 personnes avec la Surfrider Foundation, ou dans un port à côté où nous avons ramassé plus de 50 kg de déchets : des chaussures et des bottes, des bouteilles, des sacs plastiques, des plots de chantier, des stylos, des paquets alimentaires… ». 

Pour Julien, la collecte la plus mémorable de cette première partie du voyage restera au Sénégal : 

« À Dakar, certains locaux jettent simplement leurs poubelles à 20 mètres de l’océan. La grande baie est très sale : en arrivant, on s’est dit que malgré tous nos efforts, il serait vraiment difficile d’avoir un impact. Mais j’ai réussi à motiver le Cercle de Voile de Dakar, et nous avons réalisé une session de collecte des déchets sur la parcelle qui leur est dédiée. Nous avons mobilisé 30 personnes pendant une journée complète, et les locaux ont dû faire venir une benne pour récupérer les déchets. » 

Ramassage de déchets à Dakar, aux côtés du cercle de voile local

« Il ne faut pas croire que lorsqu’on s’éloigne, il n’y a plus de pollution : sur la transatlantique, nous avons encore rencontré des déchets plastique quasiment tous les jours. Ce sont ces déchets, s’ils ne sont pas ramassés et traités, qui finissent en microplastiques – ingérés par les espèces animales puis par l’Homme ». 

De l’avis de Julien, le mieux, en tant que consommateur, serait de ne pas utiliser de produit plastique du tout : 

« Là, on ramasse ce qui s’échoue sur les côtes. Mais il faudrait préférer trier et recycler les déchets plutôt que les jeter dans la nature ! Avant même de jeter, on devrait aussi réfléchir à mieux consommer : il y a plein de plastique dont on n’a finalement pas besoin et qu’on pourrait simplement arrêter de produire. Nous avons tous un rôle à jouer au niveau individuel, mais s’il pouvait y avoir de grosses actions nationales ou au niveau international, cela pourrait vraiment faire la différence. » 

En Atlantique, la rencontre avec les sargasses

Pendant la traversée de l’Atlantique « aller », l’équipage de Désirade a aussi rencontré des bancs de sargasses : des algues brunes qui flottent et se regroupent à la surface de l’océan. Présentes en quantité de plus en plus importante du fait des déséquilibres environnementaux, elles gênent le développement de la faune locale et provoquent, à terre, de nombreuses nuisances en s’échouant massivement. 

« Dans le cadre du projet, je me suis engagé à réaliser des relevés scientifiques pour les universités de Bordeaux, de La Rochelle et de la Guadeloupe. Avec les équipiers qui m’accompagnaient entre le Cap-Vert et La Barbade, nous avons constaté d’énormes nappes de sargasses à partir de la mi-parcours, soit après 7-8 jours de traversée. Ce sont des milliards de tonnes qui vont arriver sur les côtes et faire un désastre aux niveaux sanitaire, économique et touristique. » 

Julien et les autres voyageurs ont ainsi prélevé différents échantillons, en s’assurant de bien noter le jour, l’heure et le point GPS de la zone concernée. Les algues ont été mises à sécher pendant 3 jours, stockées dans une enveloppe kraft, et seront prochainement déposées à l’Université de Martinique – chargée de faire le lien avec la France métropolitaine. Les recherches scientifiques réalisées grâce à cela permettront d’en apprendre plus sur les déchets plastiques et les métaux lourds présents dans l’océan. 

Un relevé de sargasses réalisé par Julien Poublan et son équipage à bord de Désirade 

Après cette première partie du voyage, Julien et son bateau resteront dans l’arc antillais pour 4 mois, jusqu’au début du printemps. Puis ils prendront la route de la transatlantique « retour », toujours accompagnés de passagers. Ils feront leur retour en France l’été prochain – à la mi-juillet. 

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